Faites du sport qu'il disait

« J’ai quelques kilos à perdre. » «  Mon médecin m’a dit que j’avais du cholestérol. » « J’ai de l’arthrose. » « J’ai mal au dos ». « Je suis stressé(e) ». « Je veux me muscler. » « Je veux être mince. » « Je veux me sentir bien dans ma peau » « Ma femme s’est barrée avec les gosses»…

A en écouter certains, le sport serait le remède à tout ou presque. Vous l'aurez compris, c'est phrase de la décennie: IL FAUT FAIRE DU SPORT 

Alors que fait le bon citoyen? Et bien , il fait du sport, du sport, et encore du sport. Surtout il court, court, encore et encore. Mais après quoi court il? Après son bien être? après la performance? après les garçons et/ou les filles? après la notoriété? il court peut être après le temps qui passe, pour se prouver qu’il est encore « capable ». Et après tout, peu importe, ce qui compte c’est d’en faire.
Le principe de « se bouger » ça il l’a bien compris, après une bonne décennie de « manger/bouger » à toutes les sauces et à grands coups de spots publicitaires.

Les femmes au corps svelte et ferme, les hommes aux muscles saillants et bronzés. Voici une sacré belle vitrine et de biens belles promesses qui s’offrent à notre bon citoyen lambda qui voit de plus en plus son ventre à mesure que ses pieds disparaissent de son champ de vision. Lui qui jusque là vivait plutôt bien sa sédentarité, il culpabilise… Et voilà que vient s’ajouter le regard de son conjoint, toujours en coin, à jamais silencieux, mais pas insensible aux statues grecques faites de chaire et d’os qu’il a pu voir toute la journée, bien mises en valeur sur papier glacé ou pixelisées en haute définition.

Alors c’en est trop… Il va s’y mettre. Et forcément, il ne sait que faire et comment, alors il va courir car c’est encore ce qu’il y a de plus « facile » à mettre en place et après tout, ça vide la tête et ça « brûle les graisses » lui a t on dit. Il prend ses chaussures et dès la première sortie, il croise le regard et le sourire de ces statues grecques qui semblent courir avec la même envie et facilité que lui a de la facilité à descendre son apéro du soir. « Comment est-ce possible ? ». Et au bout de 10 minutes notre bon citoyen pourtant pétri de bonnes intentions, repart abattu, atterré et se dit qu’il n’y arrivera jamais. Mais il lui en faut plus que ça pour abandonner. Après avoir attendu 1 grosse semaine que les apéros arrêtent de le harceler tous les soirs et même parfois le midi, et qu’enfin ces courbatures le lache, il repart au charbon… Mais cette fois ci il est prêt et est passé par la belle enseigne bleu, véritable temple du sport, et s’est offert une « paire de running » et au passage quelques accessoires pour le téléphone et son application qui lui permettra de voir ses « performances »… et surtout qui feront illusion face aux statues grecques qu’il croisera.

Et c’est reparti… mais cette fois 12 minutes. Et les jours qui suivent toujours un peu plus. Et voici qu’il atteint l’heure. Cette fois ci ça y est, il est sauvé.
Et en plus, voici que les apéros arrêtent de le harceler.Mieux encore, il arrive enfin à voir la couture du bout de sa chaussure.
Mais voilà, à force il a mal à gauche, à droite. Un peu au tendon d’achille, un peu plus au dos, bref la frustration le gagne car son médecin lui dit de prendre du repos. Le même médecin qui lui avait dit de se mettre au sport lui dit maintenant d’arrêter. Celui là même qui lui avait dit: « vous verrez, le sport c’est le meilleur des médicaments ». Il n’a pas tort, le doc… encore faut il en connaitre la posologie, et être conscient des effets secondaires. Car comme tout médicament, le sport a ses effets secondaires, et surtout quand on se fait ses propres ordonnances.
Alors il tente autre chose. Il va regarder à la télé « les trucs de gym du matin » .
C’est décidé, il va s’y mettre, et entrainer sa moitié dans sa décision. Moitié qui dira à 74,7% (selon une étude, important les études) « tu fais chi**, j’ai pas le temps ».
Et c’est parti, 6h du matin séance de cardio, abdos/fessiers avec Alexandre, belle statue grecque, au charisme de concombre mais à l’énergie d’un lapin Duracell.
« Mon dieu que ça fait mal… »
Mais il va s’y tenir, il a promis. Mais surtout, son honneur serait trop sali d’abandonner après la première séance.
Au bout d’une semaine ça y est, ça recommence… Mais plus gênant: il s’est bloqué le dos. Il s’est bloqué le dos et il l’a senti, c’est sur ce truc où on fait un pas en avant et on pose le genou au sol… A la remontée ça lui a mis une décharge électrique… Et rebelote: il retourne voir le doc, mais cette fois-ci il ne l’écoute pas, il se dit juste:  « je vais arrêter les séances avec Alexandre, ce n’est pas adapté ».
Il va donc se résigner et à nouveau repartir dans sa sédentarité par la force des choses. Après tout, ce n’est pas de sa faute s’il s’est blessé. Puis viendra le moment où il va s’y remettre, mais cette fois ci, ça sera toujours de manière compulsive. Sur une remarque désagréable de sa mère ou encore de ce bon vieux doc: « faut se remettre au sport »!!
Et là, miracle, il a entendu parlé que la salle de sport « Muscl’Or » qui ouvre à 10km de chez lui et qui propose des abonnements illimités. Et apparemment en peu de temps, on peut devenir comme les statues grecques… Aaaah, enfin il a trouvé. En plus, son collègue y va aussi.
Pendant un mois à raison de 3 fois par semaine et ce, après le travail, notre bon citoyen va y déverser des litres et des litres de liqueur saline. Et un jour son collègue est muté. Et il perd toute envie de se rendre dans cet endroit bruyant, où les gens se contemplent dans cette grande glace et qui permet accessoirement d’observer toutes ces autres créatures aux formes parfaites, dont les vêtements sont si serrés que les mailles blanchissent à chaque mouvement.
Visiblement, cela ne l’intéresse plus. Mais il reste 8 mois d’abonnement à payer. Donc il ira de temps en temps, sans envie…
Et puis toujours ce dos qui le fait souffrir dès qu’il en demande un peu plus à cette maudite carcasse qu’il traine depuis près d’un demi siècle maintenant…
Au bout du compte, de quelqu’un de plutôt pas mal dans sa peau, bien qu’un peu rondouillard, les statues grecques et le sport, ont fait de lui quelqu’un de résigné, avec encore moins de confiance en lui.
Mais c’est sur, un jour il s’y mettra et fera appel à un de ces coachs personnels, ces mercenaires de la forme, véritables stars du web et de la toile. La preuve en est, les célébrités ont tous le leur. Mais lequel prendre? Lequel est sérieux?



Julien Monaque coach sportif fondateur de Body4Spirit



Commentaires

  1. Ben moi j’ai commencé comme bon nombre de citoyens, en me regardant dans la glace un beau matin… sans penser à une élection ! mais à une envie de changer mon corps.
    J’ai contacté 3 coatchs/association via internet, et j’ai trouvé chaussure à mon pied avec Body4Spirit.
    Avec le sport, on peut simplement challenger un changement physique, ou bien façonner une autre vue de l’esprit sur les choses qui nous entourent.
    Au travers des séances avec Julien, non seulement le corps a été remodelé, mais c’est aussi tout une nouvelle philosophie qui a permis un bien être global ! Et c’est là sa force : trouver la bonne combinaison pour travailler le physique et développer une nouvelle façon de percevoir la vie... et ça c’est bien ce que j’ai retenu de ces 4 dernières années… en plus de la très bonne ambiance de travail J

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    1. Quel beau métier. Pouvoir rencontrer des gens, les aider et récolter le fruit d'un travail commun. Cela va au delà du sport

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  2. Si ce texte peut faire sourire, il peut aussi parler à bon nombre d'entre nous :-)
    C'est souvent facile de commencer, on profite d'un rayon de soleil et d'une promo sur les running chez l'enseigne bleue. C'est grisant au début, puis rapidement c'est encore plus facile de se trouver une excuse pour ne pas sortir : il pleut, trop froid, trop chaud, trop de courbatures, un bobo par-ci par-là...
    Rien n'est jamais acquis, et certainement pas la motivation et les bonnes résolutions!
    Heureusement que des coachs comme Julien sont toujours là pour nous rebooster :-)
    Caroline Lagrange

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    1. Plaisir avant tout. Sans plaisir pas d'assiduité ni de motivation. Prenons le sport comme un moment de détente et non pas comme un outil au service d'un corps qui doit être parfait au nom de je ne sais quelles conventions sociales. Les résultats passent par ce raisonnement

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